Figures d’autorité VS croyances et comportements

Depuis le temps des temps que pour faire partie de la tribu, il faut adopter les croyances de la tribu et surtout, être le moins différent possible… pour être aimé, accepté, inclut… et on en vient à délaisser notre vrai personnalité et à agir selon ce que les autres attendent de nous.

Je vous parle d’une expérience qui nous démontre bien cette soumission à l’autorité et dont l’initiateur même de l’expérience a qualifié les résultats d’inquiétants !!

Si vous préférez visionner ma vidéo à ce sujet : https://youtu.be/5QXToDPAbrM

Expérience de Milgram

L’expérience de Milgram a été menée par le psychologue américain Stanley Milgram et a été réalisée dans les locaux de l’université Yale au Connecticut. L’objectif de cette expérience était d’évaluer le degré d’obéissance d’un individu devant une figure d’autorité et d’analyser le processus de soumission à l’autorité, plus précisément quand elle induit des actions qui posent des problèmes de conscience au sujet.

Entre 1960 et 1963, l’équipe de chercheurs du professeur Milgram fait paraître des annonces dans un journal local pour recruter des sujets. Ils sélectionnent des hommes et des femmes de 20 à 50 ans, issus de tous les milieux et avec différents niveaux d’éducation.

L’expérience met en jeu trois personnages :

  • un élève, qui doit mémoriser des listes de mots.
  • un enseignant, qui demande les mots à l’élève et valide ses réponses. En cas d’erreur, il envoie une décharge électrique de plus en plus forte (15 volts de plus à chaque erreur) ;
  • un expérimentateur, vêtu d’une blouse, arborant un air sérieux et qui s’assure que les consignes soient respectées. Celui-ci représente l’autorité officielle.

Ce que l’enseignant ne sait pas, c’est que l’expérimentateur et l’élève sont en réalité deux comédiens et que seul son comportement à lui est étudié.

On soumet l’enseignant à un léger choc électrique de 45 volts pour lui montrer ce qu’il fera subir à l’élève.

L’élève est placé dans une pièce séparée et attaché sur une chaise électrique non fonctionnelle.

L’enseignant est, quant à lui, placé devant une vitre de façon à voir l’élève et installé devant une série de manettes qui, croit-il, envoie un choc électrique.

Les réactions aux chocs électriques sont simulées par l’élève qui a reçu les instructions suivantes :

  • à partir de 75 volt il doit gémir ;
  • à 120 volt il doit se plaindre de sa souffrance ;
  • à 135 volt il doit hurler ;
  • à 150 volt il doit supplier d’être libéré ;
  • à 270 volt il doit lancer un cri violent ;
  • à 300 volt il doit annoncer qu’il ne répondra plus.

Lorsque l’élève dit ne plus vouloir répondre, l’autorité indique qu’une absence de réponse est considérée comme une erreur et qu’il recevra une décharge électrique.

À ce moment, si l’enseignant hésite à continuer, l’expérimentateur a pour consigne de lui dire dans l’ordre, ces réponses :

Si l’enseignant souhaite toujours s’arrêter après ces quatre interventions, l’expérience est arrêtée. Sinon, elle prend fin lorsqu’il a administré trois décharges électriques maximales de 450 volts.

Il est dit qu’en fin de processus, beaucoup « d’enseignants » présentaient des signes de nervosité extrême et d’hésitation, mais que la majorité continuaient tout de même sous les encouragements de la figure d’autorité !!!

Au total, il y a eu dix-neuf variantes de l’expérience avec la participation de 636 sujets et le pourcentage d’obéissance complet obtenu est de près de 65 % !!!

N’est-ce pas que ces résultats sont inquiétants ?


Donc, on voit bien l’impact des figures d’autorité dans l’établissement de nos croyances et de nos comportements.

Conscientisons qu’aussitôt qu’on est adulte, nous sommes une figure d’autorité et avons le pouvoir de transmettre des règles saines ou des croyances néfastes et limitantes.

Donc l’outil que je vous partage, c’est que lorsque vous êtes en contact avec des enfants, je vous invite, principalement s’ils sont dans la phase du fameux « pourquoi ? » (c’est souvent à cet âge qu’on leur transmet une partie de nos limitations en les empêchant d’imaginer et d’inventer, car à nos yeux cela n’a pas de sens), à ne pas leur donner de réponse, mais à plutôt leur reformuler et leur renvoyer leurs questions afin qu’ils développent leur capacité de réflexion, à se faire confiance, d’imaginer, de se créer leurs propres croyances et leur vision du monde.

Ça pourrait ressembler à : «C’est une bonne question que tu me poses ! Qu’en penses-tu toi ?»

Et surtout, ne tentez pas de le convaincre que sa réponse est farfelue ou que votre réponse d’adulte est plus complète ou meilleure !

Vous pourriez plutôt répondre quelque chose comme : «Ha oui, tu crois. C’est une belle façon de voir les choses !» et si vous parlez à un enfant plus grand ou à un adulte vous pourriez ajouter «Veux-tu que je te partage ma vision ? »… À la condition bien-sûr d’être ouvert à vous faire répondre oui… ou non.

Cette habitude à laisser l’autre répondre peut être bénéfique dans toutes vos relations, car l’autre se sent réellement écouté.

L’historien Yuval Hoah Horari compare les nouveaux-nés à du verre fondu… donc très modelables vu la grande plasticité du cerveau.

Gardons en tête cette image du verre fondu pour nous rappeler l’impact qu’on a sur nos jeunes et sur les limites mentales qu’on leur impose!

Elisabeth😉

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